Visiones expandidas. Fotografía y experimentación
Evelyne Coutas
FROM THE SERIES THE DARK ROOM
The dark room here not only refers to the camera obscura, an optical instrument precursor of the camera, but also to the bedroom in which the artist, observing the shadows cast by the moon on its walls, designs his work.
Exploring the photogram technique, which allows her to record the shape of illuminated bodies on the sensitive surface of the paper, Evelyne Coutas tries to capture these shadows.
The body imprint, a sort of spectral double and metaphor of the soul, becomes matter thereby entering the « real » world.
La chambre obscure fait ici non seulement référence à la caméra obscura, instrument optique précurseur de l’appareil photographique, mais aussi à la chambre à coucher dans laquelle l’artiste, observant les ombres projetées par la lune sur ses murs, conçoit son œuvre. Grace à la technique du photogramme, qui lui permet d’enregistrer la forme des corps illuminés sur la surface sensible du papier, Evelyne Coutas tente de capter ces ombres.
L’empreinte du corps, sorte de double spectral et médiumnique de son âme, devient alors matière et intègre par le fait le monde .
Le centre culturel de la Fondation "la Caixa" accueille la première d’une exposition inédite proposant un parcours de la photographie expérimentale en collaboration avec le Musée National d’Art Moderne - Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou de Paris.
L’exposition, avec 172 œuvres de 107 artistes, plonge dans cette branche de la photographie qui a été pratiquée par de nombreux artistes et professionnels de diverses disciplines et lieux, tels que Man Ray, László Moholy-Nagy, Lisa Oppenheim, Florence Henri, William Klein, Brassaï, André Breton, Rudolf Steiner, Barbara Kruger, Constantin Brancusi, Olafur Eliasson, Paul Éluard, Barbara Morgan et Suzanne Muzard, entre autres.
Loin d’une lecture linéaire et chronologique, Visions élargies. Photographie et expérimentation propose un parcours d’expérimentation photographique du début du XXe siècle à nos jours, et met en dialogue des œuvres historiques et contemporaines afin de mettre en évidence les affinités et les analogies entre artistes de différentes époques et mouvements.
UNE VAGUE DE RÊVES
Les expériences menées par les surréalistes autour du rêve, de l’état hypnotique et du sommeil éveillé s’inscrivent, tout comme leurs travaux sur l’objet, dans un projet de renouvellement de la perception du réel, dans la quête d’une réalité située au-delà du « donné immédiat ».
Dans ce contexte, la photographie n’est plus l’outil d’une représentation fidèle du monde tangible, mais bien le support d’une exploration de l’invisible.
Le photomontage, la superposition des négatifs, la solarisation, le brûlage et la rayographie figurent, aux côtés des images plus traditionnellement documentaires, parmi les divers procédés exploités par le groupe pour tenter de révéler l’inconscient et d’incorporer ainsi l’imaginaire au domaine du sensible.
Si le même brouillage du rêve et du réel s’opère dans l’œuvre d’artistes contemporains comme Mohamed Camara ou Dayanita Singh, chez d’autres comme Evelyne Coutas ou Alix Cléo Roubaud, les techniques empruntées au surréalisme sont plutôt mises au service d’une expression de la subjectivité et d’un dévoilement du monde intérieur.


